Simone Veil (née Simone Jacob) est née le 13 juillet 1927 à Nice. Pendant l’occupation, en mars 1944, à l’âge de 17 ans, elle est arrêtée avec sa famille par la Gestapo et déportée à Auschwitz, où elle sera détenue durant 13 mois : «…dans le convoi où j’étais, les femmes n’avaient pas été rasées, nous avions gardé figure humaine. La chef du camp, une Polonaise qui parlait un peu le français me dit : «Tu es trop jolie pour mourir ici. Je vais te trouver quelque chose pour que tu puisses survivre» Je lui ai dit que je ne partirais qu’avec ma mère et ma sœur, car il n’était pas question que nous nous séparions. Elle nous envoya quelques jours plus tard travailler dans une petite usine Siemens… Ensuite, elle me fit affecter à la cuisine des SS où je volais un peu de nourriture pour ma mère et ma sœur...»
Sa mère mourut du typhus à Bergen Belsen : «Elle était dans un état physique et moral lamentable. La mort était une sortie souhaitée pour elle; c’est comme cela que je l’ai senti, car tout était épuisé en elle… Quand j’ai été élue présidente du Parlement européen, l’aspect symbolique (une ancienne déportée présidant cette assemblée) a été très important. Je ne sais pas ce que mon père en aurait pensé (car il était resté très anti-allemand) ou même s’il aurait été favorable à l’Europe, mais je suis sûre que ma mère aurait souhaité cette réconciliation et que le fait que j’y participe l’aurait rendue très heureuse !»
Simone Veil sera libérée en janvier 1945. Elle et sa sœur furent les seuls membres survivants de la famille.
Au lendemain de la guerre, elle commence des études de Droit et de Sciences politiques à Paris. A la faculté, elle rencontre Antoine Veil, futur collaborateur de Michel Débré et membre fondateur du Centre démocrate, qui deviendra son mari en octobre 1946. Trois fils naîtront de leur union.
Ses études terminées, elle devient magistrat jusqu’en 1974. En 1957, elle entre au ministère de la Justice et elle est affectée à l’Administration pénitentiaire. Elle se battra contre les scandaleuses conditions de détention, estimant qu’elles «portent atteinte à la dignité humaine» Parallèlement, elle oeuvrera pour la réforme de la loi d’adoption d’enfants.
Au début de son septennat, souhaitant féminiser son gouvernement, Valéry Giscard D’Estaing nomme Simone Veil ministre de la Santé jusqu’en 1979. A ce titre, elle libèrera le recours à la contraception et fera voter une loi légalisant l’avortement : «On comprend que, pour un certain nombre de gens, il existe un cas de conscience face à cette pratique. C’est une question éthique et pas seulement un geste médical. La seule chose que j’avais négociée avec l’Eglise était de ne pas contraindre les médecins. C’est un point à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions. Il est de plus en plus évident scientifiquement que, dès la conception, il s’agit d’un être vivant»
Militante européenne convaincue, en 1979, elle quitte le gouvernement et devient la première présidente du Parlement européen : «Se fixant de grandes ambitions, l'Europe pourra faire entendre sa voix et défendre des valeurs fortes : la paix, la défense des Droits de l'homme, davantage de solidarité entre les riches et les pauvres. L'Europe, c'est le grand dessein du 21ème siècle»
Elle occupera cette fonction jusqu’en 1982.
En 1984, avec Jacques Chirac, elle impose une liste unique aux élections européennes. Sa liste obtient plus de 43% des voix.
En mars 1993, elle est nommée ministre d’Etat, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Edouard Balladur.
En 1998, elle est désignée membre du Conseil constitutionnel jusqu’en 2007.
Simone Veil est présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, étant l’une des dernières survivantes des camps de la mort.
Lors des élections présidentielles de 2007, elle soutiendra ouvertement le candidat Nicolas Sarkozy.
Elle est l auteur de plusieurs ouvrages, dont Une vie et le dernier en date, Les hommes aussi s'en souviennent.