
La Chancelière allemande Angela Merkel doit se rendre en Israël la semaine prochaine, et prononcera entre autre un discours à la Knesset. Généralement, le protocole de la Knesset autorise les intervenants étrangers à s'exprimer dans la langue de leur pays. Mais ce fait anodin en d'autres lieux, prend une tout à fait différent en Israël s'agissant de l'allemand, et la question est arrivée devant la Commission parlementaire de la Knesset. La langue de Goethe, qu'on la trouve poétique ou rude, ne sera plus jamais une "langue neutre" dans la conscience collective juive. Les débats au sein de la dite commission ont été parfois rudes. Le député Aryeh Eldad (Ihoud Leoumi-Mafdal) est l'un des fervents opposants à un discours en allemand: "Je ne peux pas entendre l'allemand dans l'enceinte de la Knesset. C'est la langue dans laquelle mes grands parents ont été assassinés, et les derniers mots qu'ils auront entendus avant de mourir étaient dits dans cette langue. Lorsque cette femme prendra la parole, je me lèverai et sortirai de la salle". Il a toute fois précisé "qu'il ne s'opposait pas à l'achat par Israël de sous-marins allemands, car la défense d'Israël est une Mitsva. Mais un discours à la Knesset dans cette langue, ce n'est pas une Mitsva.." Le député Ouri Ariel (Ihoud Leoumi-Mafdal) est du même avis, mais invoque un autre argument: "Je ne pense pas que dans la semaine où on lit dans toutes les synagogues la Paracha d'Amalek pour le Chabbat "Zakh'or", il faille entendre un discours en Allemand dans l'enceinte de la Knesset! Jusqu'à où est on capable de s'abaisser?"
De son côté, Yohanan Plesner (Kadima), tout en comprenant les arguments d'Eldad et Ariel, affirme que "l'Allemagne est aujourd'hui l'une des nations les plus amicales envers Israël en Europe. Cette amitié doit être entretenue et soutenue par Israël, sans renoncer au souvenir du passé. La plaie est toujours ouverte".
Yoël Hasson (Kadima). va encore plus loin, en prévenant "contre une détérioration des relations avec l'Allemagne en cas d'affront infligé à la Chancelière". Au contraire, estime le jeune député, "un discours en allemand de la dirigeante de ce pays, ici, à Jérusalem, dans l'Etat juif, symbolise une grande victoire pour le pays des Juifs". David Tal (Kadima) et président de la Commission a tenu à conclure: "La Chancelière allemande actuelle est l'une de nos meilleures ambassadrices auprès de l'Europe. Elle mérite toute notre considération, et il est bon qu'elle s'exprime dans sa langue nationale".
Le vote s'est soldé par un résultat de sept députés pour, et deux contre.