Une fois de plus, le monde n'admet pas qu'Israël construise des maisons dans des localités juives situées au-delà de la ligne verte. Alors que le gouvernement vient d'approuver un nouveau projet immobilier comprenant 750 unités de logement à Guivat Zeev, des protestations se font déjà entendre à l'étranger.
Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon semble être parmi les premiers à dénoncer cette décision qui est selon lui "contraire à la Feuille de Route et au Droit international". Dans le communiqué qu'il a publié, il a précisé que "le respect de la Feuille de Route était important pour poursuivre le processus politique entre les deux camps".
L'Union européenne ne voit pas non plus d'un œil favorable cette nouvelle "extension" de localités juives. Le responsable de la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, a estimé que "les attaques palestiniennes contre le peuplement juif ne justifiaient pas une telle démarche". Solana a ajouté que "le gel de la construction dans les implantations constituait l'un des premiers engagements pris vis-à-vis de la Feuille de Route".
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a également évoqué la question lundi, lors de sa rencontre avec son homologue israélienne Tsippi Livni. Rice a précisé que "la position des Etats-Unis à ce sujet était parfaitement connue". Et d'ajouter: "Nous avons indiqué qu'il était important de maintenir un climat favorable après la conférence d'Annapolis". Elle a en outre annoncé la venue au Proche-Orient, cette semaine, du général William Fraser qui devrait superviser l'application par les deux camps des clauses de la Feuille de Route.
Le président français Nicolas Sarkozy a lui aussi tenu à donner son avis. A l'occasion de la visite à Paris du président de l'Etat d'Israël Shimon Pérès, il a déclaré sans hésiter que "la sécurité d'Israël dépendait du gel de la construction dans les territoires".
La Jordanie et l'Egypte, qui sont toutes deux liées par un accord de paix avec Israël, ont également condamné cette politique. Le souverain hachémite Abdallah II, qui a rencontré lundi le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (Abou Mazen), lui a déclaré: "La Jordanie dénonce les démarches unilatérales, et plus particulièrement l'extension des implantations, qui entrave les efforts déployés pour parvenir à la paix".
En Egypte, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hossam Zaki, a déclaré que le programme allait à l'encontre du dialogue diplomatique entre Israël et les Palestiniens. "L'expansion des implantations, qui est contraire au Droit international et aux décisions de l'Onu, détruit toutes les chances de parvenir à la paix juste tant attendue", a-t-i prétendu. Il a en outre réclamé l'intervention du Quartette, lui demandant de remplir ses obligations et de faire pression sur Israël afin que les nouvelles constructions soient interrompues.
Le secrétaire de la Ligue arabe, Amr Moussa, a lui aussi fait part de sa réprobation. Il a estimé qu'en décidant de poursuivre les travaux, Israël laissait entendre aux Arabes qu'il ne souhaitait pas la paix et que le processus diplomatique était voué à l'échec.
Guivat Zeev, située à quelques kilomètres au Nord de Jérusalem, a été fondée en 1981 par le gouvernement israélien. La localité comprend aujourd'hui près de 2500 familles, ce qui correspond à 10 000 habitants. Mis à part le développement actuel du nouveau quartier, d'autres projets sont prévus. D'ici 5 à 7 ans, la cité compte avoir au total 5000 unités de logement et doubler les effectifs de sa population avec 20 000 résidents.