Lors de son discours de mercredi, Hassan Nasrallah avait distillé cyniquement les informations quant au sort de Ron Arad. Ofer Dekel, l'émissaire israélien pour les négociations sur les soldats disparus, était en Europe hier, et il a obtenu le rapport de Hezbollah par l'intermédiaire de l'émissaire allemand. Selon ce rapport, "on aurait perdu toute trace de l'aviateur irsaélien depuis 20 ans". Le Hezbollah affirme avoir "tout fait afin de récolter des informations, mais qu'il est hautement probable que Ron Arad soit mort au Liban depuis au moins vingt ans" Ofer Dekel, quant à lui, était porteur d'un rapport israélien, à propos de quatre diplomates iraniens disparus au Liban en 1982. Selon ce rapport, "ces quatre diplomates auraient été capturés et tués par des phalanges chrétiennes après qu'ils se soient rendus par erreur à un barrage tenu par ces milices."
Avant d'être remis à Ofer Dekel, le rapport du Hezbollah a été soumis à la vérification de l'émissaire allemand, Konrad Gehrardt. Ce dernier, qui connaît très bien tous les tenants et aboutissants, a conclu "que le Hezbollah avait agi en conformité avec ce qui lu avait été demandé sur ce dossier, et que ses conclusions étaient fiables"
Les conclusions du Hezbollah ne constituent pas une réelle surprise. Elles confirment le témoignage de Mustapha Dirani, capturé par Israël en 1994, et qui avait été le premier à détenir l'aviateur israélien prisonnier. Restitué au Liban lors d'un échange de prisonnier en 2004, Dirani avait toujours maintenu que "toute Ron Arad avait été détenu en 1988 par des Chiites pro-iraniens dans le village de Nabi-Shit, au sud-Liban, et qu'après le départ de ces milices sans emener l'aviateur avec eux, on n'avait plus eu de nouvelles de lui". Le Hezbollah affirme que Ron Arad serait mort peu après, mais que tous les efforts pour localiser son lieu de sépulture se sont montrés vains, d'autant plus que de nombreuses constructions ont été réalisées dans ces zones.