« Ces derniers mois, nous nous sommes efforcés de séparer l’économie israélienne de la politique. N’enfreignez pas cette règle et ne transformez pas la politique économique d’Israël en arme politique entre partis », a déclaré le ministre des Finances, Rony Bar-On, aux ministres du gouvernement. Bar-On s’est exprimé dimanche 17 août au cours d’une réunion au sujet des coupes du budget de la Défense ou des Affaires sociales que voulait proposer le ministère des Finances. La réunion s’est tranformée en débats sur le budget 2009.
Bar-On a déclaré : « Construire la crédibilité économique est un projet long et compliqué qui dure des années, mais il ne faut que quelques secondes pour le détruire ».
« Les indicateurs que nous avons montrent que la crise qui frappe une partie des marchés occidentaux, les difficultés des marchés financiers et la hausse des prix pourraient mener à un ralentissement de la croissance. Ceci se fait déjà sentir sur le marché du travail et sur les recettes des impôts. Cette réalité fragile fait peser une lourde responsabilité sur les épaules du gouvernement et ce serait une erreur de dépasser les limites du budget dans une réalité de ralentissement et par obligation politique. Le gouvernement donnerait aux marchés l’impression qu’il n’est pas capable de conserver sa politique économique à cause de pressions de la coalition ».
Bar-On a évoqué les arguments selon lesquels il faut agrandir les dépenses du gouvernement à cause du ralentissement prévu ; le ministre a indiqué que malgré la baisse des recettes des impôts, le budget 2009 sera plus élevé que le budget 2008 et malgré les coupes, les budgets des ministères augmenteront en comparaison à ceux de l’année dernière.
Samedi 16 août, le Bureau Central des statisitques a publié des données qui montrent que l’indice des prix est monté au mois de juillet de 1.1 %. « En tant que gouvernement, nous ne pouvons pas pousser l’inflation à augmenter et l’agrandissement du cadre budgétaire est en fait une politique inflationniste », a dit Baron. Par ces déclarations, Bar-On a évoqué la position du ministère selon lequel il ne faut pas augmenter le budget par la création d’un découvert, mais respecter les limites du budget.
« Celui qui pense aider les pauvres et les faibles en augmentant le budget doit comprendre que l’inflation fait d’abord du tort à ceux qui n’ont pas les moyens », a ajouté Baron.
Le parti travailliste et le parti Shass ont abandonné le cadre proposé par Bar-O et proposent de dépasser le budget et de l’agrandir non pas de 1.7 % mais de 2.5 %. Raphy Eitan (parti des retraités) a exprimé son mécontentement face au conservatisme financier qui cherche à atteindre une augmentation de 1.7 % seulement.
Le ministre de l’Emploi, de l’Industrie et du Commerce, Elie Yshaï (Shass), qui n’a pas accepté les propositions des Finances arguant qu’elles n’étaient pas réalistes a déclaré : « Choisir entre la sécurité et le social ressemble c’est choisir entre la démagogie et la cruauté si les Finances ne peuvent pas présenter un budget que le gouvernement puisse changer », a dit Yshaï. « Nous ne pourrons pas échapper à la hausse du déficit », a-t-il ajouté, précisant que son parti s’opposerait au budget tel qu’il est pour l’instant.
Le chef du parti travailliste, Ehoud Barak, a indiqué : « Les défis auxquels Israël doit faire face ne permettent pas de couper le budget de la Défense. Nous ne pouvons pas nous permettre ce luxe ».
Pour Bar-On, le respect du déficit prévu aiderait Israël à arriver à une relation dette/production de 58 % d’ici 2015, relation équivalente à celle des pays de l’OCDE.